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Echanges lesbiens : nos vies, nos identités, nos cultures, nos sexualités...

24 août 2008

katasandan le retour

Finies les vacances!!! Snif, c'était quand même bien toutes ces journées au soleil en amoureuses. De retour dans notre Normandie pluvieuse, en route pour de nouvelles aventures, un nouveau poste, de nouvelles activités, de nouveaux collègues, de nouvelles rencontres...

Après une remise en forme rapide : vélo et kiné (rapport au genou toujours en mauvais état), quelques travaux pour embellir notre nid d'amour, je reviens sur le blog...

Je commence par un post sur mes lectures puisque j'ai vraiment passé beaucoup de temps à lire cet été. Ce n'est peut être pas original, mais je voulais dire mon enthousiasme après avoir littéralement dévoré les trois tomes de Millénium.  J'ai A-DO-RE!!!!!!!! Je crois n'avoir jamais lu de romans policiers de cette trempe, JAMAIS. De quoi regretter le déces prématuré de l'auteur qui avait prévu une dizaine de tomes!

tome_1

  Outre l'intrigue, vraiment bien ficelée et haletante à souhait, je me suis régalée du talent de l'auteur à faire vivre des personnages tout en relief, hauts en couleurs, originaux, pleins de contradictions.

Évidemment, ma préférence va à l'héroïne hors normes, tellement associale et pourtant si attachante. Un petit bout de femme comme on les aime, qui pourrait bien faire partie de notre communauté... Bisexuelle dans le roman, elle appartient au genre de femmes que j'aimerais connaître : pleine d'énergie et de talent, intelligente et misanthrope, solitaire et couillue. Une femme qui n'entre pas dans les cadres donnés habituellement par notre société au sexe faible. Celle-ci est n'a rien d'une victime (même si elle l'est effectivement), elle n'est ni une épouse, ni une amante modèle, encore moins une mère accomplie, non, elle est elle-même tout simplement, en dépit de tout et de tous, en dépit du système qui s'acharne contre elle. Elle picole trop, elle fume comme un sapeur mais qu'est-ce qu'on l'aime! Je ne sais pas pourquoi mais c'est un peu comme elle que j'imagine Dwe (mille excuse à dwe si cette image ne colle pas à la réalité, mais je l'envisage comme un compliment).

tome_2

D'ailleurs, aucun de personnages de Larsson ne suit les sentiers battus. Il n'y a qu'à voir la relation qu'entretient le héros avec son amante de toujours : elle est mariée (mais pas lui), le mari est au courant et trouve un équilibre dans ce couple qui ne passe pas toutes ses nuits ensemble. C'est un véritable plaidoyer contre le conformisme.

Enfin un auteur qui ose, qui invente. Je me réjouis du succès mondial d'une telle trilogie car il est pour moi un digne représentant du féminisme.

J'ai aussi adoré les petites notes entre les chapitres qui nous expliquent les maltraitances faites aux femmes, la véritable histoire étouffée des femmes guerrières amazones.

tome_3

Donc je vous recommande vivement, chaleureusement la lecture des ces centaines de pages!

Si certaines d'entre vous ont lu l'ensemble je suis preneuse de vos avis!

Kat, de retour...

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08 juillet 2008

Avant les vacances

A la demande générale (surtout de Leïla!), je me lance... Je publie un post avant mon départ en grandes vacances avec toute la famille dans la Yaris (oui, on verra si c'est possible).
Donc, avant le grand départ et pour vous donner au moins une idée de lecture, je vous propose un bouquin:

Antoine BELLO, Les Falsificateurs.

falsificateurs

Voilà ce que nous livre la quatrième de couverture :

C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui falsifie la réalité mais dont personne ne connaît les motivations. C'est l'histoire de quelques-unes des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace, qui n'a jamais existé ; de Christophe Colomb qui n'a pas découvert l'Amérique ; des fausses archives de la Stasi. C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille. C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire. C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle.

Un livre très ambitieux mais aussi très réussi.
En réalité je suis en train de le lire, de le dévorer plutôt. Je ne l'ai pas encore fini. Je me délecte, pourtant, je suis très difficile.
Ce n'est pas un de ces bouquins à la Dan Brown, qui n'ont pas les moyens de leurs ambitions, tapageurs et sans fond, plein de grosses ficelles (pardon aux fans de Brown). Non, c'est un roman, un vrai, comme on les aime, qui se pose les questions de l'ambition personnelle, du rapport à la hiérarchie, de la place de l'homme dans le monde. C'est un roman du rapport au réel et à la fiction. C'est un roman qui repense l'ambiguïté des idées "humanistes". C'est un roman qui cherche avant tout à nous dire que nous faisons partie d'un système, chacun à notre échelle, que l'esprit individualiste, que la vie pour soi n'existe pas en dehors de ce système. C'est un livre qui invite à se questionner et ce n'est pas si courant!!!    

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21 mai 2008

Dernier épisode des chroniques de San Francisco

chroniques

J'aime :
- L'humour, la légèreté, la fantaisie des personnages.
- La critique de la société chrétienne et bien pensante aux US (franchement je n'aurais pas eu la patience du héros avec sa famille).
- Les personnages "transgenres", les plus attachants, et puis c'est pas si souvent qu'on les fait exister...
- La différence qui est faite entre la "famille obligatoire" et la "famille choisie".
- Qu'on y parle des homos pas forcément beaux et jeunes, ça change...

J'aime pas :
- Il se passe bien moins de choses dans celui-ci que les autres, ça sent la fin et le manque d'inspiration.
- Les personnages féminins : elles sont toutes négatives. Entre la belle soeur bigote et adultère, la mère qui a trop de mal à accepter son fils homo, la jeune qui se trémousse dans un pipe-show pour faire une étude sociologique...
- Le couple homo libre qui va voir ailleurs ou qui couche à trois prétendant qu'il n'y a aucune incidence sur le couple (ouais, je sais, je suis rétro).

Et vous ?

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16 mai 2008

Sos bouquins!

Je fais un petit post pour vous demander quels sont vos meilleurs bouquins lesbiens parce que je suis un peu en rupture de stock, je ne sais plus quoi lire. Je suis toute ouïe.
Je suis en train de lire le dernier tome des chroniques de San Francisco (pas très lesbien, soit) mais j'attends de l'avoir fini pour écrire un commentaire.

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14 mai 2008

Madame de Monferrand

J'ai fini le journal de de Suzanne d'Hélène de Monferrand (vous savez celle des Amies d'Héloïse), sorti en poche.
J'ai pas aimé, j'ai même été choquée. Certes c'est bien écrit mais ses personnages sont assez détestables, froids, rigides, cela manque de sentiments et d'humanité.

- Son héroïne est limite facho : " Je lui avais dit que je considérais Pétain comme un malchanceux qui s'était dévoué pour demander l'armistice, inévitable". "quant au national-socialisme... elle savait ce que j'en pensais : un système tordu, pervers, comme le communisme"

- Je trouve assez choquant, en tant qu'enseignante, et pour avoir vécu et souffert la même chose avec une prof de lycée,  que son héroïne vive des histoires d'amour avec des adolescentes de 14 ans (dont une lui a été confiée par sa mère et qu'elle a piquée à une amie!).

-Voilà la stratégie tordue de son personnage proviseur de lycée pour séduire une mère d'élève :  " Camille était dans une honnête moyenne qui suffit à la plupart des gens mais qui ne satisfait pas mes critères élitistes.Au demeurant, tous les parents d'élèves peuvent être neutralisés avec cette carotte : leur gosse est intelligent, s'il ne réussit pas, c'est pour n'importe quelle raison, qu'il suffit d'inventer au coup par coup. Les parents d'élèves m'ont toujours adorée...pasons".
Voilà ce qu'elle dit des femmes entres autres...
"Je ne peux pas les désirer si elles ne sont pas superbes".
- " Car ce n'était pas, malheureusement, une relation égalitaire. Pour l'age, ça allait. Je n'avais que cinq ans de plus qu'elle. Mais il y avait le reste : le niveau intellectuel, surtout. Et ça, ça fait aussi partie de mes critères".
- "J'aime qu'elles sachent manger. Féodora a réussi la moitié du test, celui de la qualité. Pas très connaisseuse mais du goût. Elle a en revanche loupé la partie quantitative. Elle pignochait. Quand elle m'a dit qu'elle était mannequin, j'ai compris les raisons de son appétit d'oiseau, mais ça m'a toujours agacée. Non seulement je les aime belles et minces, mais je veux qu'elles le soient naturellement, sans compter les calories" ... " Après tout le test de la table sert à donner des indications sur la sensualité. Il prépare à l'épreuve du lit, et au lit les calories n'entrent pas, elles sortent"
. Bravo, un bonhomme bien macho n'aurait pas dit mieux!

Sans compter ce qu'elle pense de mai 68!

- "Mais depuis mai 68, ce n'est plus tout à fait ça. Le ver est dans le fruit. Un jour ma caserne ocre rouge, mon couvent, sera mixte."... "A la fin du mois de mars, la faculté toute neuve de Nanterre a commencé à s'agiter... grèves diverses et absurdes..."."Les grévistes bloquent les amphis et empêchent tout le monde d'entrer. C'est raide, quand même! - Raide mais pas neuf. On a vécu ça en 36, et même après. Ce sont des méthodes stalinienne."
" Moi, j'avais vu déjà trop de réformes et trop de changements subtils. J'avais vu la suppression de l'examen d'entrée en sixième, dont il est vrai que les meilleurs avaient toujours été dispensés, mais en fin entre des dispenses accordées avec parcimonie et la suppression d'un examen, il y a une marge."
"J'ai toujours trouvé Boris Vian assez rigolo, Prévert assez intéressant pour l'école primaire... J'aime bien Brassens aussi. Mais si on m'avait dit que les professeurs de français, dans un grand lycée parisien, les feraient étudier à leurs élèves au même titre que Baudelaire ou Apollinaire, j'aurais pensé qu'on se payait me tête".
"Bref, j'étais aveugle et sourde, peut-être, mais je n'ai pas vraiment compris que le ver était dans le fruit depuis si longtemps et que le fruit était pourri. Un jour, au début du mois de mai, ma classe d'hypokhâgne a décidé de ne pas faire la composition de grec prévue pour la matinée, et d'aller faire, à la place, une manif pour demander la libération de je ne sais quels agitateurs gardés à vue... il était hors de question de se laisser déborder par un chahut dont le printemps était en grande partie responsable".
" L'autre catégorie de profs, c'était celles du secondaire. A l'intérieur, deux groupes, en gros : les réactionnaires franches et désespérées, qui faisaient cause commune avec les profs de prépas, et qui avaient toute ma sympathie, et les révolutionnaires."

Pour conclure, cela relève de la lesbienne limite incestueuse, de droite réctionnaire et macho.
Mme de Montferrand, je n'aimerais pas être votre amante!

Quelqu'un d'autre l'a lu ?

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17 avril 2008

Audre Lorde

audre_lorde   J'en profite également pour mettre à l'honneur une auteure féministe, noire, lesbienne, américaine qui s'est tant battue pour les femmes, les femmes noires, les lesbiennes...
Extraits de Sister Outsider (essais et propos d'Audre Lorde sur la poésie, l'érotisme, le racisme, le sexisme...)

 

"Lorsque les femmes blanches nient les privilèges inhérents à leur blancheur, et définissent la "femme" uniquement en fonction de leur seule expérience, les femmes de Couleur deviennent alors l'"autre", l'outsider, dont l'expérience et la tradition sont trop "étranges étrangères" pour être comprises. L'absence significative de travaux de femmes de couleur dans les études fe femmes en est une bonne illustration. On enseigne rarement les oeuvres de femmes de Couleur dans les cours de littérature féminine, pratiquement jamais dans d'autres cours de littérature, et pas encore dans les études femme en général. Beaucoup trop souvent les excuses avancées sont que, seules les femmes de Couleur sont aptes à enseigner la littérature des femmes de Couleur, ou qu'elles sont trop difficiles à comprendre, ou encore que les étudiants-e-s ne peuvent pas "entrer" dans leurs écrits parce que leur expérience est "trop éloignée" de la leur. J'ai entendu cet argument de la bouche de femmes blanches à l'esprit plutôt éclairé, des femmes qui semblaient par ailleurs n'éprouver aucune difficulté à enseigner et à analyser les oeuvres nées de l'expérience bien plus lointaine d'un Shakespeare, d'un Molière, d'un Dostoïevski et d'un Aristophane. Il doit sûrement y avoir une autre explication.
  C'est une question très complexe, mais je croit qu'une des raisons pour lesquelles les femmes blanches éprouvent tant de difficultés à lire le travail des femmes Noires, c'est qu'elles ont du mal à considérer les femmes Noires comme des femmes à part entière et, qui plus est, différentes d'elles. Etudier la littérature des femmes Noires implique effectivement que l'on nous considère comme un peuple dans toute sa complexité - entant qu'individues, en tant que femmes, en tant qu'êtres humains-, que l'on s'intéresse aux vrais visages des femmes Noires et non plus aux stéréotypes discutables mais familiers produits par cette société. Et je pense que tout ceci est vrai pour la littérature des femmes de Couleur qui ne sont pas Noires."

[...]

   "Je suis une lesbienne de Couleur dont les enfants mangent régulièrement à leur faim parce que je travaille à l'université. Si leurs ventres pleins me font oublier mes points communs avec une femme de Couleur dont les enfants n'ont rien à manger parce qu'elle ne peut pas trouver de travail, ou qui n'a pas d'enfant parce que les avortements clandestins et la stérilisation ont bousillé ses organes génitaux ; si j'oublie la lesbienne qui choisit de ne pas avoir d'enfant, la femme qui reste dans le placard parce que sa communauté homophobe est son seul point d'ancrage, la femme qui choisit le silence plutôt qu'une autre forme de mort, la femme qui est terrifiée que ma colère ne déclenche la sienne ; si je manque de reconnaître toutes ces femmes comme d'autres facettes de moi-même, non seulement je participe à l'oppression de chacune d'entre elles, mais je participe aussi à la mienne ; et la colère qui se dresse entre nous doit être utilisée pour nous éclairer et nous renforcer mutuellement, et non pour fuir sous couvert de culpabilité ou pour creuser d'autres fossés. Je ne suis pas libre tant qu'une femme reste prisonnière, même si ses chaînes sont différentes des miennes. Et aussi longtemps qu'une personne de Couleur restera enchaînée, je ne serai pas libre. Ni aucune d'entre vous."

Vous pouvez également lire : Zami et Journal d'un cancer mais on en reparlera...

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Hommage à Aimé Césaire

   Le grand poète de la négritude nous a quitté aujourd'hui. Hommage à son combat, hommage à sa poésie.
Extraits du Cahier d'un retour au pays natal :

 

" Et ni l'instituteur dans sa classe, ni le prêtre au catéchisme ne pourront tirer un mot de ce négrillon somnolent, malgré leur manière si énergique à tous deux de tambouriner son crâne tondu, car c'est dans les marais de la faim que s'est enlisée sa voix d'inanition (un-mot-un-seul-mot et je-vous-en-tiens-quitte-de-la-reine-Blanche-de-Castille, un-mot-un-seul-mot, voyez-vous-ce-petit-sauvage-qui-ne-sait-pas-un-seul-des-dix-commandements-de-Dieu)
   car sa voix s'oublie dans les marais de la faim, et il n'y a rien, rien à tirer vraiment de ce petit vaurien,
   qu'une faim qui ne sait plus grimper aux agrès de sa voix
   une faim lourde et veule,
   une faim ensevelie au plus profond de la Faim de ce morne famélique"

[...]

   " et au milieu de tout ça je dis hurrah! mon grand-père meurt, je dis hurrah! la vieille négritude progressivement se cadavérise.
Il n'y a pas à dire: c'était un bon nègre.

Les Blancs disent que c'était un bon nègre, un vrai bon nègre, le bon nègre à son bon maître.
Je dis hurrah!
C'était un très bon nègre,
la misère lui avait blessé poitrine et dos et on avait fourré dans sa pauvre cervelle qu'une fatalité pesait sur lui qu'on ne prend pas au collet ; qu'il n'avait pas puissance sur son propre destin ;  qu'un Seigneur méchant avait de toute éternité écrit des lois d'interdiction de sa nature pelvienne ; et d'être le bon nègre ; de croire honnêtement à son indignité, sans curiosité perverse de vérifier jamais les hiéroglyphes fatidiques.

C'était un très bon nègre

et il ne lui venait pas à l'idée qu'il pourrait houer, fouir, couper tout, tout autre chose vraiment que la canne insipide

C'était un très bon nègre.

Et on lui jetait des pierres, des bouts de ferraille, des tessons de bouteille, mais ni ces pierres, ni cette ferraille, ni ces bouteilles...
O quiètes années de Dieu sur cette motte terraquée!

et le fouet disputa au bombillement des mouches la rosée sucrée de nos plaies.

Je dis hurrah! La vieille négritude
progressivement se cadavérise
l'horizon se défait, recule et s'élargit
et voici parmi les déchirements de nuages la fulgurance d'un signe"


 

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14 avril 2008

"Peau" Dorothy Allison

12_septembre_05_045_redimensionnerVoici quelques extraits de ce remarquable essai, en espérant qu'ils vous feront apprécier le livre ou réagir!

" Les gens comme moi n'étaient pas remarquables. Nous étions ordinaires mais, même ainsi, nous étions des mythes. Nous étions ce "eux" dont tout le monde parle - les pauvres bougres. J'ai grandi en essayant d'échapper au sort qui a détruit tant de gens que j'aimais, et, ayant pris l'habitude de me cacher, j'ai décidé découvert que j'avais aussi pris celle de me cacher de moi-même. Je ne savais pas qui j'étais, je savais seulement que je ne voulais pas être eux, ceux qui sont détruits ou écartés pour que les "vraies personnes", les gens importants, se sentent en sécurité. Une fois que j'ai compris que j'étais homosexuelle, cette habitude de me cacher était ancrée en moi, si profondément que ce n'était plus un choix mais de l'instinct. Se cacher, se cacher pour survivre je pensais, étant entendu pour moi que si je disais la vérité sur ma vie, a famille, mon inclination sexuelle, mon histoire je me retrouverais dans ce territoire inconnu, le pays des "ils", sans jamais aucune chance de mettre un nom sur ma propre vie, de la comprendre ou de la revendiquer."

" Je sais que je suis lesbienne depuis mon adolescence, et j'ai passé une bonne vingtaine d'années à panser les plaies de l'inceste et des mauvais traitements. Mais ce qui est sans doute le fait marquant de ma vie, c'est celui d'être née en 1949 à Greenville, en Caroline du sud, et d'être la fille naturelle d'une femme blanche, issue d'une famille désespérément pauvre, une femme qui avait quitté la quatrième l'année précédente, travaillé comme serveuse, et avait juste quinze ans et un mois lorsqu'elle 'avait eue. Ce fait, l'impact auquel je n'ai pu échapper d'être née dans des conditions de pauvreté que cette société trouve honteuses, méprisables et quelque part méritées, a eu le dessus sur moi à un point tel que j'ai passé ma vie à essayer de le surmonter ou de le renier. J'ai appris avec beaucoup de douleur que la grande majorité des gens pensent que la pauvreté est une condition de vie volontaire."

"Bon. Je vais raconter l'histoire la plus gênante de toute ma vie sexuelle, un secret que j'ai gardé pendant des années, un secret humiliant, qui me colle à la peau, un détail, à la fois inexplicable et profondément rattaché à mon adolescence. Non, je ne vais pas parler de dessous en latex, ni de petits chiens, ni même d'une fixation lesbienne longtemps réprimée sur des objets phalliques. La vérité vraie est que j'ai passé la plupart de mon adolescence -et, je dois l'admettre, de mes vingt ans- à me masturber en lisant des livres de science-fiction, de merveilleuses, impossibles histoires pleines de lutte et d'angoisse."

Et vous? considérez-vous certains livres ou films de sciences fictions comme incroyablement érotiques? Lesquels?

"[...] Mes lèvres sont gonflées. Je peux sentir chaque poil qui s'enroule autour du harnais qu'elle porte. [...] Je la veux avec mes mains, ma bouche, mes cuisses, de la toute-puissance de ma chatte inondée.

 Ses dents sont serrées, ses hanches s'enfoncent, poussent, tête en arrière, appuient, appuient, me tirent et me donnent des coups de boutoir. Je ris et me cambre pour elle, je la supplie, l'insulte. Mes pieds sont stables. Je peux faire n'importe quoi. Je soulève mon ventre, pousse plus avant encore. Baiser, baiser, baiser. J'appelle ça baiser. Je l'appelle mon amour, bâtarde, chérie, mon coeur, sale fille de pute, putain de chienne, PUTAIN DE SALOPE! Elle m'appelle son bébé, sa fille, son joujou, son amour, à elle, à elle, à elle. Me dit qu'elle ne va jamais s'arrêter, jamais me laisser partir. Je l'implore. "Baise-moi. A fond." Je la supplie. "Toi, toi, toi... à fond! Putain toi! Vas-y! T'arrête pas! t'arrête pas! t'arrête pas! t'arrête pas!"

Seigneur, putain, t'arrête as.

T'arrête pas.

 On m'a dit que les lesbiennes ne font pas cela. Peut-être ne sommes-nous pas lesbiennes? C'est une femme. Je suis une femme. Mais peut-être sommes-nous des aliens?Ce que l'on fait ensemble est-il un acte lesbien?"

Réactions??????????

"Bien sûr je ne suis pas sûre que les goûts de quelqu'un dans le porno définisse sont apparence sexuelle. Je pense à ce gay qui adorait les romans gothics teintés de désir sexuel, ou aux lesbiennes qui ont des étagères remplies de magazines et de livres de poche gays. J'ai, par exemple, une amie notoirement lesbienne-butch, qui a fait son coming out avant l'adolescence [...] Et bien Pam lit en secret la pornographie classique hétérosexuelle la plus sordide que l'on puisse imaginer. Lorsque je lui demande ce qu'elle aime là-dedans, elle est sur la défensive. Qu'est-ce que tu crois, que je lis ça pour l'histoire? [...] Ca n'a rien à voir avec moi, particulièrement au lit. Ce n'est pas du tout un fantasme pour moi de baiser comme ça. C'est juste un bon stimulant. Tu sais, comme de passer une vitesse et de décoller."

Et vous?





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11 avril 2008

littérature homosexuelle et gay

A propos de littérature, je suis tombée sur un site intéressant qui donne une définition comparée des littératures gay et homosexuelle... Il existe également des liens intéressants sur des auteurs : je vous livre donc l'adresse :
http://www.la-reference.info

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Vicor Margueritte

La garçonne est un roman publié en 1922 par Victor Margueritte : une jeune femme apprenant que son fiancé la trompe décide de mener à son tour une vie libre, avec des partenaires multiples. Bien que le thème ne surprenne pas spécialement aujourd'hui, il était considéré à l'époque comme choquant, à un point tel que Victor Margueritte se vit retirer sa Légion d'honneur à la suite du scandale causé

Encore un indispensable, lu a l'âge de 18 ans et que j'ai bien envie de relire (même si je crois qu'il n'est pas spécialement optimiste).

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