partage lesbien

Echanges lesbiens : nos vies, nos identités, nos cultures, nos sexualités...

24 mai 2008

Aujourd'hui rédac !

C'est le week end. Et que fait un prof pendant les week end? On corrige des copies!
Aujourd'hui je corrige les copies d'expression écrite des 4èmes. Sujet : racontez une de vos peurs.
Je choisis donc de partager avec vous les joies de la correction en vous faisant part de la copie d'Aimad.
Il a commencé par me dire : "Moi, j'ai peur de rien, moi madame, je suis un mec moi, madame".
Et puis, après quelques minutes de réflexion : "Ah oui, je sais..."

J'ai corrigé les erreurs d'orthographe pour une meilleure compréhension...
Vous êtes prêts?
C'est parti :

Titre : Comment je me suis fait serré par les keufs...
Le samedi 10 mai 2008 à 23h45 nous sommes entrés dans une voiture qui ne nous appartenait pas et nous avons volé tout le contenu de ce véhicule. (commentaire du prof, de moi : que fais-tu dehors à cette heure là? Où? Avec qui? Pourquoi?).
La BAC nous a poursuivis et une course poursuite s'engage dans la ville de L . Mon ami se fait attraper, moi je peux les semer parce que les policiers ils sont trop gros alors je cours plus vite.
Je rentrai chez moi la peur au ventre, j'étais terrifié.
Le lendemain matin la police vient frapper chez moi, ce fut mon père qui répondit. Apeuré par la colère de mon père, je me cachai sous mon lit. Il m'appela. Une heure plus tard j'étais au commissariat. Le policier me demanda mon prénom, mon nom... J'ai sursauté lorsque j'ai appris que j'allais passé la journée en garde à vue.
Vingt quatre heure plus tard, j'ai su que je n'allais pas passer en jugement car quand tu es mineur il peut pas t'arriver grand chose. Heureusement pour moi car je n'ai pas envie de finir en foyer. Mes parents étaient en colère contre moi.
Dans la voiture je paniquai. Je ne voulais pas rentrer chez moi car mon père allait me passer un savon. Après le savon mes parents m'ont puni deux mois.

Voilà qui en dit long sur :
- les week end de mes élèves
- la forme physique des policiers
- ce que le sentiment d'impunité
- la démission des parents...

Posté par katasandan à 19:46 - Vie quotidienne - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2008

Dernier épisode des chroniques de San Francisco

chroniques

J'aime :
- L'humour, la légèreté, la fantaisie des personnages.
- La critique de la société chrétienne et bien pensante aux US (franchement je n'aurais pas eu la patience du héros avec sa famille).
- Les personnages "transgenres", les plus attachants, et puis c'est pas si souvent qu'on les fait exister...
- La différence qui est faite entre la "famille obligatoire" et la "famille choisie".
- Qu'on y parle des homos pas forcément beaux et jeunes, ça change...

J'aime pas :
- Il se passe bien moins de choses dans celui-ci que les autres, ça sent la fin et le manque d'inspiration.
- Les personnages féminins : elles sont toutes négatives. Entre la belle soeur bigote et adultère, la mère qui a trop de mal à accepter son fils homo, la jeune qui se trémousse dans un pipe-show pour faire une étude sociologique...
- Le couple homo libre qui va voir ailleurs ou qui couche à trois prétendant qu'il n'y a aucune incidence sur le couple (ouais, je sais, je suis rétro).

Et vous ?

Posté par katasandan à 10:34 - Livres - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mai 2008

Sos bouquins!

Je fais un petit post pour vous demander quels sont vos meilleurs bouquins lesbiens parce que je suis un peu en rupture de stock, je ne sais plus quoi lire. Je suis toute ouïe.
Je suis en train de lire le dernier tome des chroniques de San Francisco (pas très lesbien, soit) mais j'attends de l'avoir fini pour écrire un commentaire.

Posté par katasandan à 19:51 - Livres - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2008

Mai 68 et les femmes

Mardi matin, me voilà dans ma petite auto en route pour le taf, concentrée sur le bitume et une oreille dans France culture (bah oui, j'ai le temps, vu le nombre de km! et puis France inter et France culture sont les seules radios qui restent valables, du moins en province).
J'ai monté le son quand j'ai entendu que Gisèle Halimi était l'invitée. Elle parlait du droit des femmes au sein de la communauté européenne. Elle proposait qu'on aligne le droit des femmes le plus fort (le plus valable) sur les autres pays. En gros elle proposait que l'Europe légifère en faveur du plus grand droit des femmes possible. Qu'elle n'a pas été ma surprise et mon dégoût d'entendre tous ces journalistes et commentateurs éclairés, cultivés et "ouverts" lui mettre des bâtons dans les roues, arguant que ce n'était peut être pas souhaitable aux vues des identités nationales, des différentes cultures qu'il ne fallait pas froisser si vite... J'ai été écœurée qu'un tel discours puisse faire polémique parce que pour moi il allait de soi. Je me suis dit qu'il y avait encore du boulot!

L'émission suivante (La fabrique de l'histoire) se proposait de voir mai 68 au travers le regard des femmes qui l'avaient vécu. J'avoue que je suis un peu lasse de ces commémorations quotidiennes, mais là, franchement, c'était intéressant et enrichissant.
Donc ces femmes qui avaient vécu mai 68 de l'intérieur trouvaient révoltant que l'on assimile cet épisode avec la naissance de l'émancipation féminine. Pour elles, mai 68, ce n'est pas le début des revendications en faveur du droit des femmes, bien au contraire!
Elles expliquent qu'au début du mouvement elles se sont associées mais ce sont vite retrouvées attachées à des tâches subalternes comme faire le café, la bouffe, coller des enveloppes ou taper des tracs pour ces messieurs les révolutionnaires. On leur a vite fait comprendre que leur place n'était pas aux avant postes mais à l'arrière, invisibles. Elles n'avaient pas droit à la parole non plus. D'ailleurs, aucune photo de l'époque ne montre de femmes dans les premiers rangs des manifs ou en tribune. Le mythe du révolutionnaire viril et tapant du flic leur interdisait tout premier rôle.
Elles expliquent donc que certaines d'entre elles se sont révoltées, ont quitté les cercles mixtes pour créer des asso et des lieux de parole non mixtes, c'est ainsi qu'est né le mouvement féministe, un peu après 68 et en partie contre lui.
Donc, non mai 68 n'a pas engagé la libération des femmes, ou alors bien malgré lui. Non, messieurs les révolutionnaires, vous n'avez pas à vous targuer de cette avancée, les femmes l'ont fait toutes seules, avec leur courage.
Juste pour une petite mise au point.

Posté par katasandan à 17:14 - Féminisme - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Madame de Monferrand

J'ai fini le journal de de Suzanne d'Hélène de Monferrand (vous savez celle des Amies d'Héloïse), sorti en poche.
J'ai pas aimé, j'ai même été choquée. Certes c'est bien écrit mais ses personnages sont assez détestables, froids, rigides, cela manque de sentiments et d'humanité.

- Son héroïne est limite facho : " Je lui avais dit que je considérais Pétain comme un malchanceux qui s'était dévoué pour demander l'armistice, inévitable". "quant au national-socialisme... elle savait ce que j'en pensais : un système tordu, pervers, comme le communisme"

- Je trouve assez choquant, en tant qu'enseignante, et pour avoir vécu et souffert la même chose avec une prof de lycée,  que son héroïne vive des histoires d'amour avec des adolescentes de 14 ans (dont une lui a été confiée par sa mère et qu'elle a piquée à une amie!).

-Voilà la stratégie tordue de son personnage proviseur de lycée pour séduire une mère d'élève :  " Camille était dans une honnête moyenne qui suffit à la plupart des gens mais qui ne satisfait pas mes critères élitistes.Au demeurant, tous les parents d'élèves peuvent être neutralisés avec cette carotte : leur gosse est intelligent, s'il ne réussit pas, c'est pour n'importe quelle raison, qu'il suffit d'inventer au coup par coup. Les parents d'élèves m'ont toujours adorée...pasons".
Voilà ce qu'elle dit des femmes entres autres...
"Je ne peux pas les désirer si elles ne sont pas superbes".
- " Car ce n'était pas, malheureusement, une relation égalitaire. Pour l'age, ça allait. Je n'avais que cinq ans de plus qu'elle. Mais il y avait le reste : le niveau intellectuel, surtout. Et ça, ça fait aussi partie de mes critères".
- "J'aime qu'elles sachent manger. Féodora a réussi la moitié du test, celui de la qualité. Pas très connaisseuse mais du goût. Elle a en revanche loupé la partie quantitative. Elle pignochait. Quand elle m'a dit qu'elle était mannequin, j'ai compris les raisons de son appétit d'oiseau, mais ça m'a toujours agacée. Non seulement je les aime belles et minces, mais je veux qu'elles le soient naturellement, sans compter les calories" ... " Après tout le test de la table sert à donner des indications sur la sensualité. Il prépare à l'épreuve du lit, et au lit les calories n'entrent pas, elles sortent"
. Bravo, un bonhomme bien macho n'aurait pas dit mieux!

Sans compter ce qu'elle pense de mai 68!

- "Mais depuis mai 68, ce n'est plus tout à fait ça. Le ver est dans le fruit. Un jour ma caserne ocre rouge, mon couvent, sera mixte."... "A la fin du mois de mars, la faculté toute neuve de Nanterre a commencé à s'agiter... grèves diverses et absurdes..."."Les grévistes bloquent les amphis et empêchent tout le monde d'entrer. C'est raide, quand même! - Raide mais pas neuf. On a vécu ça en 36, et même après. Ce sont des méthodes stalinienne."
" Moi, j'avais vu déjà trop de réformes et trop de changements subtils. J'avais vu la suppression de l'examen d'entrée en sixième, dont il est vrai que les meilleurs avaient toujours été dispensés, mais en fin entre des dispenses accordées avec parcimonie et la suppression d'un examen, il y a une marge."
"J'ai toujours trouvé Boris Vian assez rigolo, Prévert assez intéressant pour l'école primaire... J'aime bien Brassens aussi. Mais si on m'avait dit que les professeurs de français, dans un grand lycée parisien, les feraient étudier à leurs élèves au même titre que Baudelaire ou Apollinaire, j'aurais pensé qu'on se payait me tête".
"Bref, j'étais aveugle et sourde, peut-être, mais je n'ai pas vraiment compris que le ver était dans le fruit depuis si longtemps et que le fruit était pourri. Un jour, au début du mois de mai, ma classe d'hypokhâgne a décidé de ne pas faire la composition de grec prévue pour la matinée, et d'aller faire, à la place, une manif pour demander la libération de je ne sais quels agitateurs gardés à vue... il était hors de question de se laisser déborder par un chahut dont le printemps était en grande partie responsable".
" L'autre catégorie de profs, c'était celles du secondaire. A l'intérieur, deux groupes, en gros : les réactionnaires franches et désespérées, qui faisaient cause commune avec les profs de prépas, et qui avaient toute ma sympathie, et les révolutionnaires."

Pour conclure, cela relève de la lesbienne limite incestueuse, de droite réctionnaire et macho.
Mme de Montferrand, je n'aimerais pas être votre amante!

Quelqu'un d'autre l'a lu ?

Posté par katasandan à 14:43 - Livres - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

Cap des trois ans ?

Aujourd'hui c'est notre anniversaire avec ma chérie...
Retour en arrière.
Il y a trois ans, j'étais en piteux état!
Mon papa venait de décéder d'un épouvantable cancer de la face qui l'avait défiguré, fait souffrir et emporté à 60 ans. Ma chérie de l'époque, avec laquelle j'étais pacsée et avec qui on venait d'acheter une petite maison, au lieu d'être là pour moi dans ce moment difficile, et bien elle a plutôt choisi de me tromper et de me quitter (comme ça le tableau était complet).
Donc, je résume, plus de papa, plus de chérie et puis plus de maison parce évidemment, je ne pouvais pas payer les traites toute seule.
Bon à ce moment là je me suis dit : ou bien tu déprimes et y a des chances que tu touches bien le fond, soit tu considères que rien ne peut t'arriver de pire et que tu es vivante.
Après quelques jours de chialerie (parce que, quand même), j'ai décidé que, puisque j'étais vivante, il fallait que je fasse des trucs d'humain vivant. Je n'avais aucune envie de voir mes amis, qui tous connaissaient mon ex, et donc étaient susceptibles de m'en parler, ce qui aurait eu pour conséquence une nouvelle crise de chialerie... Donc, je me suis dit qu'il fallait trouver de nouvelles personnes qui ne connaissaient pas mon histoire. Je me suis dit que j'avais plutôt envie de voir des lesbiennes. Je me suis dirigée vers les asso, mais malheureusement elles avaient commencé à péricliter, et puis celle de ma ville était animée par mon ex (c'est même là qu'elle avait trouvé sa pouf). Alors, je me suis dirigée vers le net... et je suis tombée sur gay vox!!!
Je me suis vite rendue compte qu'avec un peu d'humour et de conversation on pouvait parler avec plein de filles... et que je ne voyais plus mes journées passer (ce qui, pour moi était bien le principal).

J'ai vite raisonné en ces termes (à tort ou à raison) : puisque j'ai tout fait pour construire une vie bien sage et qu'elle s'est cassée la gueule, puisque j'ai perdu les êtres les plus chers, puisque j'ai toujours été sage et raisonnable (si, si! tout bien fait : les études, pas de conneries, pas de crise d'adolescence, bonne en sport, rentre à l'heure et tout et tout...!!!) et ben je vais pouvoir m'éclater en faisant n'importe quoi!
Donc, c'était parti pour gay vox : j'ai vite mis une photo pour augmenter mes chances, et puis après je me suis dit que ce serait encore mieux en maillot de bain, et puis qu'il fallait être honnête avec les femmes avec lesquelles je conversais : j'ai donc dit que je ne cherchais rien de sérieux. Et bien, vous ne croiriez jamais le nombre de nenettes qui sont intéressées par le cul. En fait, elles font style qu'elles cherchent l'amour (éducation des fifilles oblige) et puis elles crachent pas sur les aventures.

Bref j'ai multiplié les rencontres, ce qui remonte forcément le moral quand tu constates que tu plais ( et puis tu t'arranges pour que l'autre, celle qui t'a jeté, elle apprenne que tu plais beaucoup!). Et puis je suis tombée sur une fille hyper sexuelle et sympa avec laquelle j'ai passé quelques temps (allers retour sur Paris tous les wk).
J'en étais donc là, dans ma folle nouvelle vie de débauchée quand j'ai commencé à parler avec bulle d'image sur le net. J'ai tout de suite pigé qu'elle avait du répondant la nenette et qu'elle était pas conne du tout. On a parlé de temps en temps mais sans plus. J'ai compris que celle là je ne pouvais pas l'embobiner comme les autres. Et puis c''était pas vraiment sexuel, plutôt des dialogues subtils, une sorte de joute verbale.
On s'est même envoyé quelques sms (c'était tout nouveau pour moi car, je sais vous n'allez pas me croire, mais avant je n'avais pas de portable!). On a même failli se voir un jour que j'étais à Paris mais ça n'a pas pu se faire... Il y a eu au moins un coup de fil aussi parce que je me souviens m'être dit que cette fille elle avait une voix envoutante! Tu sais le style de voix grave... tu voudrais qu'elle te cause plus longtemps rien pour entendre encore un peu...
Et puis un jour, puisque c'était férié (tu suis?), l'occas s'est présentée. Je suis allée de l'autre côté de l'eau comme on dit chez nous (c'est-à-dire de l'autre coté de la Seine... faut donc prendre le pont de Normandie).
J'y allais plutôt par curiosité mais pas trop pour draguer, parce que j'avais bien compris que cette fille là, on n pouvait pas l'entourlouper facilement. J'étais surtout intriguée.
Je débarque donc à Caen, rendez vous sur un parking. Je descends la clope au bec, jean et blouson en cuir, peut être mêmel es lunettes de soleil noires. Je vois arriver une petite blonde qui m'avais prévenue que sa voiture était un "aspirateur à gonzesses"! (j'aurais du me méfier). Je monte dans sa caisse, que je trouve pas si aspirateur que ça, mais bon. Elle dit qu'elle m'emmène chez elle. Dans la voiture c'est un peu tendu, je me dis que c'est peut être parce qu'elle est déçue ou alors c'est normal, c'est comme ça quand on découvre, je ne peux pas être sûre.
Elle me conduit jusque dans sa super baraque en pierres et poutres 5 mètres sous plafond : je fais la fille pas impressionnée.
Et puis on parle, enfin surtout elle. Je me dis que cette fille elle a de la conversation. Elle est intelligente, elle a des passions (photo, voyages), elle a une vie riche... On parle pendant des heures en fait.
Pendant ce temps là ya mon amante de Paris qui m'envoie des sms jaloux (c'est fou comme les femmes arrivent à flairer les choses!).
J'analyse dans ma tête, je me dis que cette fille est très intéressante mais il est probable que je ne lui plaise pas. Je fais un test : sur le fauteuil pile en face d'elle, quand elle a la tête tournée, je remonte insensiblement mon tee shirt un peu au dessus de mon ventre histoire de lui montrer que je suis bien gaulée. Pas de réaction visible. Comme il n'y a aucun signe, je me dis que je ne lui plais pas... Et puis elleme dit qu'elle doit partir en wk avec des potes, qu'elle va partir bientôt. J'en déduis qu'elle me vire. Je me casse donc. Mais avant je lui demande ce qu'elle va dire à ses potes en les retrouvant à propos de moi.Elle répond : "je leur dirai que j'ai rencontré une fille intéressante et très jolie"... Là mon coeur fait un bond dans ma poitrine. "Je lui plais alors!".
Il faut se quitter, je retrouve dans ma voiture et je fais cette route que je parcourrai des dizaines de fois, mais ça je ne le sais pas encore. Pendant le trajet, je me sens troublée, vraiment bouleversée par cet après midi passée ensemble. Elle n'est vraiment pas comme les autres...
A tel point que je m'arrête sur une aire pour lui téléphoner (bah oui, faut pas téléphoner au volant, surtout dans cet état!). Je ne sais pas trop quoi dire : je balance la vérité. "Cette rencontre m'a troublée, je ne sais pas ce qui se passe mais il se passe un truc". Elle me répond que c'est pareil pour elle.
Les jours suivants, je me sens complètement perdue : j'étais bien dans ma nouvelle vie sans risques moi! Merde! Vià les emmerdes qui commencent.
Sans compter que la parisienne sent quelque chose... et que bulle d'image (à qui je n'ai pas menti) me somme de quitter la dite parisienne si je veux aller plus loin avec elle... Je trouve qu'elle est gonflée! Mais bon, comme il faut être honnête avec les femmes, c'est la moindre des choses, je dis la vérité à la parisienne. J'aime pas faire du mal... Les choses deviennent petit à petit plus claires dans ma tête : j'ai envie de revoir bulle. Donc je romps. Mais en même temps je me dis que je suis en train de m'engager dans un truc qui risque de me dépasser.
Et puis merde, il faut vivre! Faut écouter ses instincts, pas la raison. On verra bien.

noel_07_216_bis_redimensionner

Quelques jours plus tard, je reprends ma voitu
re  : fallait que j'aille à Caen de toutes façons puisque ma grand-mère organisait un vernissage de son expo de peinture. J'ai bien compris que ça allait être le grand soir d'après les conversations de plus en plus chaudes qu'on avait. Et comme je sortais du boulot pour aller voir l'expo de Mamy d'abord, je me dis que je vais pas être très fraîche après (ce qu'on peut être bizarres dans ces cas là), donc je débarque chez Mamy en lui disant qu'il faut que je prenne une douche!!! (pauv Mamy).

Bon, ce que j'ai su après c'est que la bulle, après son boulot, et avant de me rejoindre, elle est revenue chez elle pour se laver et changer ses sous-vêtements : alors EGALITE!

Je me sentais hyper bien à l'expo de Mamy, même si j'arrêtais pas de regarder ma montre. Les gens ont du me trouver très expansive ce soir là.

Après le vernissage je file en ville pour le rencard. En une semaine j'avais un peu oublié le visage de bulle et quand je l'ai vue j'ai été agréablement surprise. Je crois qu'elle n'a pas voulu m'emmener tout de suite chez elles façon je n'osais rien vu que la dame m'avait dit qu'il ne fallait pas lui sauter dessus, qu'elle aimait bien prendre son temps. Dans ma tête c'était clair : j'attendrai qu'elle fasse le premier pas. On s'est donc retrouvées autour d'une bière dans un café. Nous savions toutes les deux ce qui allait se passer mais nous n'osions rien, même pas nous prendre les mains qui se frôlaient sur la table (c'est-y pas mignon ça?). Je crois qu'on a pas du se dire grand chose de rare dans ce café.

Et puis elle a fini par m'emmener chez elle. Je restai fidèle à ma résolution, ce qui fait qu'il ne se passa rien pendant plusieurs heures à part une conversation charmante. Nous nous rapprochions l'une de l'autre, assises par terre sur le tapis, c'est tout. Je pense qu'au bout d'un moment elle a du en avoir marre et elle m'a embrassée légèrement sur la bouche avant de filer rapidement aux toilettes... J'ai compris que c'était parti!

Quand elle est revenue nous avons roulé vite fait sur sus dit tapis. Bon après je passe parce qu'il parait que ça se fait pas de raconter sa vie sexuelle avec sa femme. Disons que nous avons vécu une (non deux!) nuits d'amour exceptionnelles? et puis les journées aussi parce que je n'ai pas décollé de son lit du vendredi soir au dimanche après midi! Nous étions deux coquines en symbiose quoi!

Quand je suis revenue chez moi j'étais crevée, déconnectée et hagarde! Je dois dire que mes cours ces mois ci ne devaient pas être formidables, je n'en ai d'ailleurs aucun souvenir...

Rapidement nous avons décidé de passer l'été ensemble en Corse.

Rapidement nous sommes tombées amoureuses, comme des adolescentes.

Rapidement elle a dit : "toi! je vais t'épouser!".

Le truc qui me faisait super peur parce que, souvenez-vous, la précédente m'avait plantée.

D'ailleurs en parlant de celle là : pendant tout ce temps il a bien fallu que je vende la maison parce que l'ex, elle était partie me sommant de vendre rapidement car elle ne pouvait payer à la fois les traites et un loyer. Evidemment elle ne s'occupait de rien et je me demandais comment j'allais faire pour vendre une maison achetée six mois plus tôt (empruntée entièrement y compris les frais de notaire) sans perdre d'argent!

Heureusement l'immobilier montait en flèche et j'ai vendu en huit jours, réalisant même un petit bénéfice qu'elle empocha pour  moitié sans sourciller... Passons.

Ma petite bulle me donnait tous les bonheurs, même si je restais inquiète ne sachant si j'étais prête à m'engager aussi rapidement après tous ces échecs. Mais bon, on n'a qu'une vie et il ne faut pas rater les occasions d'être heureuse! (c'est ce que je me suis dit).

Restait la distance qui nous éloignait bulle et moi... Et puis un jour, en franchissant le pont de Normandie, je lui ai dit qu'elle était la femme de ma vie et on a décidé de vivre ensemble, chez elle.... Fin aout j'emménageais.

C'est comme ça que je me suis retrouvée à 106 km de mon boulot (pensant naïvement que j'allais vite muter). Ca fait trois ans que je fais la route, par amour.

Voilà, maintenant on est installées avec un chat et un chien (enfin, un Gaston et un  Gaspard), nos deux petits noirs à nous.

Je prie pour obtenir une mutation sympa pour la rentrée prochaine. J'ai fini par céder et nous nous sommes pacsees (faut dire qu'elle me disait trois fois par jour qu'elle allait m'épouser!).

Je me suis cassé le genou en passant ma ceinture noire de karaté (un an d'arrêt), surement un truc inconscient pour pouvoir faire les deuils que j'avais pas eu le temps de faire.

Alors il paraît que trois ans c'est un cap fatal pour les couples (c'est vrai que mes trois précédents n'ont pas survécu à la 4ème année) mais j'espère qu'on ira toute les deux au delà.

Bon anniversaire ma chérie.

C'est un message d'espoir pour toutes celles qui sont seules et qui désespèrent : on peut trouver la perle rare au moment même ou on ne s'y attend pas, et même dans les pires moments!

Courage les filles!

 

Posté par katasandan à 20:05 - Vie quotidienne - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Putain de gamins!

Je vais vous raconter ma journée d'hier au collège...
Bon, ça commence par 106 km, heureusement, il fait beau... et, puis bonne surprise aujourd'hui le pont de Tancarville est gratuit. Je demande : "qu'est-ce qui se passe?". Ils me répondent : "bah on est en grève parce qu'on gagne le smic, on fait les trois-huit, on travaille les dimanches et jours fériés". Je réponds : "bon courage, je suis avec vous!", et je pense à la grève que je ferai jeudi prochain.

J'arrive au collège : faut déjà commencer par séparer deux mioches qui se battent dans les couloirs et s'assènent des grands "pd", insulte suprême (si on excepte l'indétrônable : "ta mère). J'ai pas le temps de réfléchir au caractère homophobe ou misogyne du vocabulaire adolescent parce que j'ai encore le cartable et l'ordinateur dans les mains. Alors je hurle plus fort qu'eux : "Vous voulez que je vous aide?" et je lance un "ça te rendras pas plus viril d'insulter ton copain de pd". Ils restent cois, c'est le but.

Je peux enfin prendre mon café avant cette grande journée qui m'attend.
J'annonce aux sixièmes que la prof de latin va faire une intervention dans mon cours pour leur présenter l'option latin qu'ils pourront choisir pour l'an prochain.
Réactions en vrac : "c'est pourri le latin... ça sert à rien... les 4ème m'ont dit qu'on avait que des sales notes... si tu prends le latin tu commences à 8h tous les jours..." et j'en passe.
Bon, je leur explique qu'avant de se prononcer il fallait peut-être quand même être au courant de quoi on parle.

Aujourd'hui c'est la photo de classe, ça veut dire qu'il faut que tu sortes de ta classe dans les couloirs avec une bande de 25 agités (non pas 25 parce que les filles sont calmes, elles sont en train de se recoiffer). Donc, avant toute chose, tu expliques qu'on n'a pas le droit de courir, qu'on ne hurle pas dans les couloirs parce que ya des cours, qu'on n'a pas le droit de disparaître aux toilettes...
Evidemment tu te sens obligée de poser avec la bande de grumeaux qui t'a fait chier toute l'année, pour le souvenir!

On revient en classe, on corrige les exercices. Ils sont plutôt calmes et ils ont fait leur devoirs, je me sens un peu détendue : ERREUR!
Ne jamais se sentir détendue!
Parce que le petit ALvin, on ne sait pas pourquoi, alors que tout le monde prenait la correction, et ben lui il se met à hurler : "VOS GUEULES!!!!!!" de toute sa voix de gamin de 12 ans, il se met à trembler, à pleurer aussi.
Dans un premier temps je gueule aussi, mais je réfléchis vite et je me dis que c'est pas dans les habitudes du petit Alvin de faire un coup pareil. Faut réagir hyper vite : je me dis que le mieux c'est de l'isoler et de pas lui crier dessus. Je lui dis de me suivre dans le couloir : le môme il chiale, je prends donc (sur moi d'abord) ma voix la plus douce et je lui demande  ce qui se passe... ALvin il pleure et il regarde ses chaussures. Je lui dis que si il a hurlé c'est peut être parce que certains de ses camarades se sont moqués de lui : silence et larme qui coule par terre. Je lui demande si c'est parce qu'il a eu une mauvaise note? Si il a des problèmes chez lui? ALvin il dit seulement "je dirai rien, j'dirai rien". Je lui dis qu'il est sûrement malheureux et que je ne peux pas le laisser comme ça. "j'dirai rien...".
Bon, je comprends que je pourrai rien en tirer et je le confie à une surveillante en lui racontant l'incident.
Je fais vite parce que, évidemment pendant ce temps là y'en a 24 qui risquent bien de s'exciter.
Je reviens dans la classe et je demande des explications aux autres : "Qu'est-ce qu'il a Alvin?" "rien madame, il est cinglé" est la seule réponse valable que j'obtiens. "Qui l'a insulté?" "Personne madame c'est pas la première fois, une fois en anglais il a failli casser la porte, et puis c'était déjà comme ça à la primaire". J'ai du mal à y croire. "Il est cinglé qu'on vous dit madame".
ça sonne. Faut que je ramasse les affaires d'Alvin, que je lui porte parce que c'est l'heure du déjeuner. Déjà qu'on a que 50mn pour manger, qu'il faut aller jusqu'au lycée, puis faire la queue et j'ai encore 4 heures de cours qui m'attendent... je prends quand même le temps de causer à ALvin. La surveillante me dit qu'elle a rien réussi à en tirer : j'essaie encore, rien à faire...
Bon, va falloir que je convoque ses parents qui ne seront libres qu'à 19h, ou qui me poseront un lapin comme une fois sur deux... tout ça pour certainement m'entendre dire que oui il est comme ça même à la maison depuis toujours et que non ils ne verront pas de psychologue parce que il va bien.

Heureusement qu'on mange super bien à la cantine... enfin on mange trop et il te prend un petit endormissement de début d'ap juste au moment ou la sonnerie de 13 heures retentit!

Aujourd'hui Aimad a décidé de faire chier, comme hier du reste... mais là ça a l'air d'être prémédité. Je connais l'animal depuis deux ans et je sais quand ça dérape plus que d'hab, je sais aussi qu'il ne faut pas le laisser aller trop loin... Il n'écoute rien, il demande à sortir au toilettes pour la quinzième fois, ça fait quinze fois que lui dis non et que ce sera toujours non!, il parle de foot avec ses copains : il me chauffe, je lui signifie plusieurs fois que je vais le virer par la peau du cul... Et moi j'essaie de lire une nouvelle de Maupasssant mais il parle par dessus moi.
Je m'arrête, je tape sur le bureau et lui dis une dernière fois de se taire. Je l'entends qu'il murmure, mais j'entends bien quand même : "vas-y (parce qu'aucune phrase ne peut commencer autrement...), je t'ai pas parlé à toi".
Aimad a donc droit à un petit entretien privé avec moi. Je sais qu'avec lui il faut y aller cash, ne pas mâcher ses mots : "Aimad, que tu fiches rien en classe, c'est une chose, que tu me manques de respect et que tu me prennes pour une conne s'en est une autre! Je suis pas prête à laisser passer ça. Tu me connais, je suis gentille mais ya des limites à ne pas dépasser". Il baisse les bras plus vite que je ne l'imaginais, il reconnait avoir franchi les bornes des limites, s'excuse et dit qu'il va se tenir à carreau.

En 4ème, je me dis que je vais pouvoir souffler parce qu'ils ont interro : ERREUR!
Je sors le rituel : sortez une feuille! Et là quelque uns s'exclament : quoi? ya interro!
J'ai envie des répondre : "bah oui pauv larve ça fait deux jours que je le dis et qu'on révise en vue de...", mais comme ce métier m'a appris une chose essentielle : garder son calme (je crois que je suis devenue imbattable), je réponds calmement : "c'est pas de ma faute si tu dors depuis trois jours, j'avais prévenu".
Alors évidemment ya celle qu'était partie en week end prolongé et qui me sort : "j'étais pas là vendredi, je peux pas le faire". Je réponds : "ok tu fais pas la question 4 mais le reste tu peux le faire", alors elle me sort "mais j'y comprends rien moi", alors je lui dis : "toutes façons, je vois pas ce que ça change, vu que quand tu es là tu n'apprends rien et tu ne sais pas de quoi on cause". Elle acquiesce et prépare une copie sur laquelle elle passera une semi heure à écrire son nom et à décorer avec stylos de différentes couleurs (j'ai souvent remarqué que les cancres avaient plus de stylos que les autres, ça les occupe).

Après je déménage pour me rendre en salle informatique avec des sixièmes. On prépare des exposés sur la mythologie. Je sais pas si vous avez déjà essayé de faire travailler 25 gamins sur des ordinateurs, mais franchement c'est du sport!
Pour commencer, il faut s'assurer qu'ils ne vont pas tous sauter sur les postes avant d'avoir écouté les consignes, parce qu'une fois qu'ils sont devant un écran c'est mort.
Ensuite, il faut qu'ils rentrent leur identifiant pour ouvrir le poste : normalement c'est facile vu que c'est le nom, le prénom et la date de naissance. Sauf que t'en as plein qui mettent le prénom à la place du nom, d'autres qui connaissent pas le numéro de leur mois de naissance...
Et puis, bien sûr ya toujours des postes qui ne fonctionnent pas pour une raison inconnue (voire, c'est arrivé la semaine dernière, aucun ordi ne fonctionne et toi t'a rien prévu d'autre pour occuper ces chères têtes blondes). Alors tu dis à Dylan (y'en a toujours un qui s'appelle comme ça) qu'il va devoir se mettre à côté de Cindy. Mais lui il veut pas parce qu'il trouve que ça pue les filles (il changera vite d'avis dans deux ans).
Après faut te battre pour qu'ils lisent effectivement les documents qu'ils trouvent sur internet, parce que si tu surveilles pas, ils font des copier-coller à tire larigot sans même être capables de te dire de quoi ça cause.
Y'a celui qui te dit : "madame ça marche po" et clique comme un cinglé... le con il a fait beuguer l'ordi. Son voisin qui dit "moi je trouve rien, ya rien sur mon truc, ça craint" Evidemment, tête de pioche, t'as tapé "sisife" au lieu de "sisyphe". "ah bah, si même l'orthographe ça compte!..."
Pendant ce temps là t'as intérêt à bien gérer l'imprimante : tu préviens, parce qu'on te la fait plus à toi "personne n'imprime sans mon accord!", parce que les mômes, ils ont vite fait de t'imprimer un documents de 200 pages en couleurs et adieu la cartouche, et puis tu sais qu'à l'intendance, ils en ont jamais des cartouches de rechange!

Après c'est la récré. Là tu te dis elle va souffler la fille. Bah non, pas vraiment parce que la récré elle dure que 10 minutes (rapport aux cars qui viennent chercher les petits bouseux de la cambrousse), que les petits sixièmes ont filés dès le premier tintement de sonnerie laissant la moitié des ordi ouverts. Donc c'est qui qui les éteint? Et puis t'expliques vite fait au petit Kévin que tu veux voir ses parents. Mais le petit Kévin il répond que papa viendra pas parce qu'il est à l'hôpital en cure de désintox et que maman elle viendra pas non plus parce que elle a pas le permis.
Alors tu ramasses tes affaires vite fait direction la salle des profs. Tu traverses les couloirs en gueulant sur les mômes qui se bastonnent, qui crachent, qui courent... T'arrives dans la salle des profs en te disant que tu vas être peinard pendant 5 minutes mais c'est sans compter la petite Allissonne "avec 2 l, 2 s, 2n qu'elle arrête pas de dire" qui veut des photocopies de son cours pour sa copine malade qu'elle n'ira probablement pas voir parce que "faut pas abuser, c'est trop loin". Et puis ya le petit Alexandre qui te dit qu'il a oublié son blouson dans la salle informatique et puis Jessica qui demande sans dire bonjour si tu pourrais pas mettre ça dans le casier de monsieur machin... T'arrive juste à ta tasse quand ça sonne à nouveau! Fuck!

Il te reste une heure. Là, tu pourrais te dire je tiens le bon bout : ERREUR,
parce que l'heure qu'il te reste c'est LES QUATRIEME 2!!!!!!!!!!
Y'a un collègue qui te lance : bon courage, moi je viens de les avoir, ils sont chauds!
Parce que les QUATRIEME 2, même si ça fait 14 ans que t'enseignes, et ben tu t'y fais
pas, tu sais que ça peut être hiroshima en pire.
Tu te dis : facile, c'est la dernière heure, je vais leur coller une interro : ERREUR!
6 ou 7 guignols de rendent jamais de copie...
D'ailleurs ça te fait penser que t'avais mis des mots aux parents des guignols leur expliquant que leur bambin refusait tout travail et que tu n'étais pas payée pour faire de la garderie, t'avais prévenu : tu fais signer ou t'es viré! Donc, avant même de les faire entrer tu leur demandes si ils ont fait signer : evidemment Mailys a oublié : virée (une de moins).
Dans le rang, tu vois un petit sixième, tu te demandes ce qu'il fait là... Et puis tu te rappelles que tu l'as collé de 4 à 5 histoire de lui faire les pieds à ce petit fainéant. Soudain tu te demandes ce qui t'as pris de le coller avec les monstres, et puis t'as oublié de lui prévoir du travail... Tu retournes vite fait une table au fond de la salle et tu lui dis de recopier son réglement intérieur, ça lui fera pas de mal au petit fainéant.
Bon, maintenant faut s'occuper des monstres. Déjà, faut faire l'appel, tu demandes pourquoi Florian n'est pas là : il est toujours viré? (il a pris huit jours pour avoir insulté la prof d'anglais le naze) ou bien il est malade? "aucun des deux madame : regardez par la fenêtre madame". Tu te penches et là tu vois ton bon Florian, casquette vissée sur la tête, qui attend ses copains sur son vélo. Evidemment ses parents ont appelé ce matin pour dire qu'il était malade. Tu te dis que Florian il est plus calme sur un vélo qu'en classe, tu vas donc lui suggerer une carrière de cycliste! Mélanie n'est pas là non plus, normal, c'est l'apres midi, elle est partie faire des courses avec sa mère...
J'essaie tant bien que mal de leur faire comprendre la notion de point de vue dans  récit : narrateur omniscient, interne, externe... Bah oui, y'en a qui vont au lycée quand même... Je suis vite interrompue par le rire de Leïla, un rire niais, débile, de pouffe... elle s'arrête pas. J'avise la classe d'à côté : vide. Je lui dis : "leïla, suis moi", elle croit qu'elle est virée. "Non, non, pas par là". J'installe Leïla dans la salle d'à côté et je referme la porte. Je continue le cours. Quelques minutes plus tard Leïla frappe à la porte et dit : "Je m'emmerde!". Je lui réponds : "C'est le but". Je la laisse là bas toute l'heure, ça me fais des vacances.
Steve a fait signer son mot à ses parents comme quoi il fout rien à l'école. Je lui demande ce qu'ont dit ses parents : "ils m'ont puni" "ah oui, comment?" "ils m'ont dit de faire mes devois". Je me retiens de rire et j'explique à Steve que faire son travail n'est pas une punition, que c'est normal. Peine perdue, il répond "j'm'en fous demain ils m'achètent une PS3". Excédée je réplique  : "t'as raison, c'est pas toi le problème, c'est tes parents". J'arrive à expliquer comment reconnaître les différents point de vue dans un récit entre deux pets de Damien, Romane qui a sorti sa glace pour se refaire une beauté...
Ils rangent les chaises, ça sonne, ils sortent en me lançant un joyeux : "a vendredi madame!".
La tension retombe, je ferai bien un petit dodo mais il faut que je remonte dans ma bagnole qui a chauffé au soleil et que je m'enquille 106 km...
Ma femme je t'aime j'ai envie de te revoir, je veux passer du temps avec des gens normaux!!!!!!
Qui a dit que les profs étaient des fainéants?????

Posté par katasandan à 15:52 - Vie quotidienne - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2008

Identité

noel_07_244_bis_redimensionner       Puisque ma femme a acheté une tenue réellement affriolante, je publie un nouveau post aujourd'hui (j'explique pas, fallait suivre!)...

Je voulais simplement dire merci à internet.
Merci à cet outil fabuleux qui nous permet d'être nous même.
Grâce à ce blog, je peux enfin approcher de ce que je suis vraiment.

Je veux dire que la société ne m'offre ni ne reconnait ce que je suis.
Je ne suis pas "mademoiselle" puisque je ne suis pas une jeune femme en attente d'un homme qui voudra bien l'épouser. Je ne me reconnais pas non plus dans le "madame", je ne suis pas mariée, je ne porte pas le nom d'un homme (quelle tradition ridicule qui veut qu'une femme perde son identité quand elle se marie!).

Et puis ça m'a toujours posé un problème de cocher les cases des formulaires : homme ou femme?

A chaque fois j'ai envie de répondre ni l'un ni l'autre...

Bien sûr je suis née avec des organes génitaux femelles et je n'ai aucune envie de changer de sexe, mais je ne me reconnais pas dans ce que cette société nomme "Femme", le plus souvent avec un grand F. Je ne suis pas sur cette terre pour perpétuer la race humaine, je n'ai pas d'enfant et n'en aurais probablement jamais. Je ne sens pas en moi cet "instinct maternel irrépressible".

Si j'avais vécu dans l'Amérique des années cinquante je me serais sûrement faite arrêtée car je porte moins de trois vêtements féminins sur moi (bah oui j'ai pas de soutif vu que j'ai pas de seins). La nature m'a faite avec un corps androgyne(voir photo ci dessus), un corps de femme mais androgyne... un corps que j'ai appris à aimer tel qu'il est même s'il ne ressemble pas à celui des autres femmes. Après avoir eu les cheveux longs pendant des années (revendiquant qu'on pouvait être lesbienne avec des cheveux longs), je les porte maintenant ultra-courts ; ce qui fait qu'on m'appelle régulièrement monsieur. Je me demande toujours si il faut rectifier ou pas (la plupart du temps je rectifie en me disant que les gens doivent s'habituer à voir des femmes différentes mais ça lasse).

Je ne suis pas mère.

Je ne serais jamais grand-mère.

Je ne suis pas non plus la fille que ma mère aurait voulu, elle me l'a assez souvent dit et fait comprendre.

Je suis celle qu'on regarde souvent dans la rue en se demandant... et parfois ce n'est pas un regard bienveillant (surtout chez les hommes).
Bref je n'ai rien de la femme dont cette société nous renvoie l'image.
Je ne suis pas non plus un homme.

Pourtant j'existe, je suis différente mais j'existe, ma sexualité est différente, ma vie est différente mais ne vaut pas moins que celle des autres.

Ici je peux être et dire ce que je suis.

Je suis katasandan, ce n'est pas un prénom sexué.

C'est le nom du troisième kata en karaté shotokan (hommage à ce kata sur lequel je me suis cassé le genou et qui me valu un an d'arrêt de travail, peut être pour conjurer le sort).

Je ne suis ni homme ni femme au sens ou vous l'entendez, je ne rentre pas dans vos catégories... j'existe c'est tout.

Pour celles qui s'intéressent aux questions d'identité, je vous conseille la lecture de deux ouvrages sur la question : Théorie queer et cultures populaires (de Foucault à Cronenberg) de Teresa de Lauretis et Trouble dans le genre (le féminisme et la subversion de l'identité) de Judith Butler.

Posté par katasandan à 18:54 - lesbiennitude - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1